French poem
Que de fois j’ai souri pour te cacher mes larmes
by Tristan Derème (1889–1941)
Que de fois j’ai souri pour te cacher mes larmes ! Que de fois j’ai noué des roses sur mes armes Pour te dissimuler que j’allais au combat ! Fallait-il que mon fiacre à jamais s’embourbât Et se perdît dans les ornières de la vie ? Comment faut-il encor ce soir que je sourie Lorsque j’entends crouler le monde autour de moi Et quand l’espoir suprême où j’avais mis ma foi Je le vois s’effeuiller comme une primevère ? Garçon, apportez-moi du fiel dans un grand verre.
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