French poem
Si tu as bu le vin suprême des idées
by Tristan Derème (1889–1941)
Si tu as bu le vin suprême des idées, Pour toi le ciel est noir et les vierges ridées. Et, les contrevents clos aux splendeurs des étés, Tu t’exaltes devant tes livres annotés ; Les pages dans le soir vibrent comme des ailes Et l’encrier jette des gerbes d’étincelles. Ainsi le front courbé sous la lampe tu lis, Drapant ton rêve dans l’orgueil aux larges plis, Jusqu’à l’heure où, poussant la porte d’un doigt frêle Elle apparaît, riant sous sa petite ombrelle.
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- Reste dans ta coquille et dédaigne, escargot
- Reste étendue encor sous la chaude verdure
- Rouges coquelicots que le soir amoncelle
- Si je dois ne jamais oublier les sentiers
- Six heures tombent de l’horloge
- Soleil triste, mairie obscure, ô jours amers
- Souffle ta lampe ! Le matin
- Sur le toit noir et bleu que mon exil habite