French poem
Sur le toit noir et bleu que mon exil habite
by Tristan Derème (1889–1941)
Sur le toit noir et bleu que mon exil habite La grêle blanche et dure aux ardoises crépite Et rebondit, tintant aux vitres, parmi les Plumes qui volent dans la fuite des poulets. Grêle, boules de gui, cristal, œufs des colombes Fabuleuses, dans un fracas rauque tu tombes, Fauchant les roses des rosiers, et tu détruis La verdure des cerisiers rouges de fruits. Dans l’herbe, les rubis roulent avec les perles. Ô nuage, au coteau bleuâtre tu déferles Comme un océan gris qui submerge l’azur Et la terre avec ses vignes tristes ; et sur Le paysage éteint cette mélancolie, N’est-ce la mienne où tout soleil baisse et s’oublie, Qui déchire et ternit les rameaux les plus verts Et de cendre et de nuit imprègne l’univers ?
More by Tristan Derème
- Si tu as bu le vin suprême des idées
- Six heures tombent de l’horloge
- Soleil triste, mairie obscure, ô jours amers
- Souffle ta lampe ! Le matin
- Terrible passion, voici que tu m’exiles
- Tes bras ont une courbe adorable et malgré que
- Tiède azur. Les bouvreuils s’éveillent dans les roses
- Toi qui passes, foulant la neige de la rue