French poem
T’en souviens-tu (comme on écrit dans les romances)
by Tristan Derème (1889–1941)
T’en souviens-tu (comme on écrit dans les romances) T’en souviens-tu de ce dimanche des dimanches Où nous avons erré sous les mornes platanes Après l’azur et la poussière et la chaleur ?
Souvenirs, souvenirs, venez qu’on vous rétame, C’est moi qui suis le rétameur !
Ah ! malgré qu’on veuille sourire, Moi, j’ai des larmes plein le cœur Et je m’en vais à la dérive.
Cette musique au loin et ces bouffées de cuivre, Polka pour deux pistons et grands airs d’opéra La Favorite, l’Africaine, etc.…
La même lune va reluire Et refléter son cristal nacarat Dans l’eau chaude du fleuve.
Un vent tiède se prit à remuer les feuilles. Tes mains étaient pleines de larmes. Les tramways en passant t’éclairaient le visage.
Près d’un café pleurait une aigre clarinette. Un grand magnolia balançait ses fleurs blanches, Et la lune pendait aux branches, Douce lanterne japonaise.
More by Tristan Derème
- Tu me railles, mais j’aime un livre singulier
- Tu ne crois plus aux beaux cheveux
- Tu n’aimes pas les vers, car tu es belle et dis
- Tu parus. Mais les doigts posés sur le loquet
- Un visage, une phrase, un merle, ce fruit d’if
- Une pie de neige et d’ébène
- Une pie noire et blanche en se posant sur un platane
- Univers, bois, coteaux et les sources ! Je suis