French poem
Tu ne crois plus aux beaux cheveux
by Tristan Derème (1889–1941)
Tu ne crois plus aux beaux cheveux, Aux seins qu’une rose décore, Et, le cœur morose, tu veux Cependant les chanter encore.
Un beau regard, s’il te sourit, Tu le railles, mais tu regrettes Ces printemps morts où ton esprit Était plein d’étoiles secrètes.
Herbes chaudes, lilas mouillés, Bleus platanes sous l’azur ivre, Et l’amour, tu t’émerveillais, Tu dansais, tu riais de vivre,
Roses rouges, feuillages verts, Tumulte des gloires physiques, L’univers sonore et divers N’était que couleurs et musiques,
Et tu chantais, mais cette voix, Ténor naïf, n’était que celle Du printemps ivre dans les bois Et de la vie universelle.
Et pourtant, ce temps était beau Mais où sont les vieilles rosées ? Tu promènes sous ton chapeau Des constellations brisées,
Et te penchant sur le décor De l’ancienne frénésie, Tu la veux respirer encor Ainsi qu’une rose moisie.
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