French poem
Un visage, une phrase, un merle, ce fruit d’if
by Tristan Derème (1889–1941)
Un visage, une phrase, un merle, ce fruit d’if Jaune, j’ai tout aimé d’un amour maladif. Car en tout je trouvais la marque du mystère Universel ; et sous les branches, solitaire Dans l’herbe et la chaleur que de fois j’ai compté Les anneaux éclatants des guêpes de l’été. L’ombre émouvante est dans les choses minuscules Et je me tais pour écouter aux crépuscules Le grillon dont la voix déferle comme un flot Et renaît et se brise ; et dans l’œil d’un mulot, Ainsi que dans la mer où se perdent les voiles, Se reflète l’azur, la lune et les étoiles.
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- Va ! tu n’es qu’une femme, une fleur vide, rien