French poem
« C’est bien ; puisqu’au sénat, puisqu’à la pourriture »
by Victor Hugo
C’est bien ; puisqu’au sénat, puisqu’à la pourriture, Tu poses, calme, altier, fier, ta candidature, Puisque tu tends la main à l’argent de César, Puisque ta conscience est cotée au bazar, Puisque tu prends ton rang dans la honte infinie, Ne te gêne pas, jette au peuple l’ironie. Être le serviteur de l’ennemi public, Avoir les torsions souples du basilic, Vendre aux dévots hautains des bassesses athées, Disperser dans les vents des choses effrontées, Offrir ta rhétorique abjecte à tout venant, Collaborer dans l’ombre au crime rayonnant, Baver, salir, avoir l’affront pour camarade, Être un sauteur de plus dans cette mascarade, C’est ce que maintenant tu peux faire de mieux. Ainsi, quand la passante aux bras blancs, aux doux yeux, Qui fut femme d’honneur, se fait fille de joie, Quand elle est devenue un fumier, une proie, Un sein qui la nuit s’offre à qui veut l’acheter, Elle n’a plus qu’à rire, à danser, à chanter, Et qu’à se divertir jusqu’à ce qu’elle tombe Charogne à l’hôpital et spectre dans la tombe.
More by Victor Hugo
- « Comme dans les étangs assoupis sous les bois »
- « Contempler dans son bain sans voiles »
- « Coup d’épée ; oui, mais non de poignard. »
- « C’est à coups de canon qu’on rend le peuple heureux »
- « C’est la nuit ; la nuit noire, assoupie et profonde »
- « C’est une chose grande et que tout homme envie »
- « C’était en juin, j’étais à Bruxelle ; on me dit … »
- « Dans ce jardin antique… »