French poem
Bons dieux, qui la voyez pensivement blesmie
by Abraham de Vermeil (1589–1620)
Bons dieux, qui la voyez pensiuemẽt blesmie, Marchant à pas comptez, les yeux fichez en bas, N’escoutés la mauuaise, elle tẽd des appac, Des gluaux & des rets pour me priuer de vie : Cent mille Amours legers lui tiennent compagnie Aiguisans dans ses yeux l’ardeur de leurs combas : Bons dieux, desarmez-la, ou ne l’escoutez pas, Priuez-la de pouuoir ou bien de tyrannie. Mais si par cy apres tendre à mon amitié Elle arrouse mon feu de l’eau de sa pitié, Bons Dieux ne destournez arriere vostre face : Que si la cruauté s’affermit dans son cœur, Punissez son desdain d’vne iuste rigueur. Qui n’a pitié d’autrui, ne merite point grace.
A. D. V.
More by Abraham de Vermeil
- Beau nez, la colline d’Amour
- Belle main plus blanche qu’albastre
- Belle, depuis deux ans je vais cherchant mon cœur
- Belle, je sers voz yeux et voz cheveux dorez
- Cabalistes menteurs, vos sciences sont vaines
- Ce n’est pas le trépas, c’est un très doux sommeil
- Ce n’est point, ce n’est point la crasse du navire
- Celui qui mille fois me fit faire naufrage