French poem
Ce n’est pas le trépas, c’est un très doux sommeil
by Abraham de Vermeil (1589–1620)
Ce n’est pas le trespas, c’est un tres-doux sommeil, Qui bannit peu à peu l’esclair de ma paupieire, Adieu, ie vai iouïr d’vne douce lumiere, Attendant que se corps s’anime de resueil. Amy, ne pleure plus, ton Amour nompareil Receura sa coronne au bout de la carriere : Ainsi passoit ma Belle, & sa douce maniere Arrestoit de pitié la course du Soleil : Helas ! à son partir l’Amour partit du monde, La clarté cheut du ciel & se noya dans l’onde, La mort despuis ce jour est le miel de mon cœur : Il ne m’est plus resté qu’une langueur extresme, Qui me fait mescognoistre en chascun & moimesme, Et le ciel s’embellit de mon long creuecœur.
A. D. V.
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