Versos French Albert Londres Discrétion

French poem

Discrétion

by (1884–1932)

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Ce n’est pas que je vous connaisse Plus que cela, Mais je vous rencontre à la messe, À l’opéra.

Je n’ai pas besoin pour ma joie De vous causer. Mais il suffit que je vous voie Rire et jaser.

Lorsque parfois je vous regarde, Je fais si bien, Que la personne qui vous garde N’en croirait rien.

Quand je reviendrai dans ma ville, Au bout d’un an, Peut-être aurez-vous fui l’asile De la maman.

Alors de vos yeux, économe Vous deviendrez. Car, fière et grave, au bras d’un homme Vous passerez.

Moi, je serai toujours le même, Aigre et meurtri. Rien ne doit empêcher qu’on aime, Mère ou mari.

Je continuerai mon manège Auprès de vous. Que peut m’importer, me dirai-je, Qu’ils soient époux !

Et je vous suivrai, sans malice, D’un pas discret. Puissiez-vous être la complice De mon secret !