French poem
Cléo
by Albert Mérat (1840–1909)
Quoique vous n’ayez pas posé, Délicieuse Callipyge, Vous êtes d’un nu bien osé, Quoique vous n’ayez pas posé. À Naples je fus embrasé, Mais les vôtres leur font la pige ; Quoique vous n’ayez pas posé, Délicieuse Callipyge.
Vous savez ce marbre vanté, Doté du même privilège D’asseoir en ce lieu la beauté ; Vous savez ce marbre vanté ! Dieu les garde en bonne santé ! Le ciel ou le roi les protège ! Vous savez, ce marbre vanté, Doté du même privilège.
C’est nu comme la vérité Et ce n’est pas plus fardé qu’elle, Le songe d’une nuit d’été ! C’est nu comme la vérité. Gare à la vieille chasteté De Tartuffe et de sa séquelle ! C’est nu comme la vérité Et ce n’est pas plus fardé qu’elle.
Notre Falguière est un malin : Il s’est passé de son modèle. On peut le signer sur vélin ; Notre Falguière est un malin. Où prit-il ce corps de félin Qui ne peut pas être infidèle ? Notre Falguière est un malin : Il s’est passé de son modèle.
Ce n’est pas chaste assurément : Pourquoi cela serait-il chaste ? C’est tendu, tortillé, charmant. Ce n’est pas chaste assurément. Le devant s’enfle joliment Et le derrière n’est que vaste. Ce n’est pas chaste assurément ; Pourquoi cela serait-il chaste ?