French poem
Croquis d’Octobre
by Albert Mérat (1840–1909)
Il est certains retours fidèles : Nous savons que nous reverrons, Au renouveau, les hirondelles, Aux froids, les marchands de marrons.
Déjà, par les brouillards d’octobre, On aperçoit, noir dans son trou, Le Cévenol, rustique et sobre, Qui gagne très peu, sou par sou.
Une vapeur tiède colore Les échoppes sans écriteau, Où la châtaigne cuit et dore Son flanc meurtri par le couteau.
Les femmes mettent leur toilette D’hiver, qui vaut celle d’été. Mais l’air bleuit sous la voilette Discourtoisement leur beauté.
C’est le froid, les moineaux s’arrangent Des vieux nids trouvés sous les toits, Et les petites filles mangent Les marrons qui brûlent les doigts.