Versos French Albert Mérat Hiver

French poem

Hiver

by (1840–1909)

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Voici venir les mois d’hiver, les tristes mois. La cognée a troublé la fête des grands bois ; Et hêtres, chênes forts, cimes en bas jetées, Arrivent à la ville en longues charretées. Bois ! honneur des côteaux, gloire de la saison, Vous venez égayer quelque riche maison ; Ce n’est pas l’artisan, ni l’humble et pauvre femme Que vous réchaufferez à votre rouge flamme ; La faiblesse et la peine ont un seul droit, souffrir, Et c’est pour les heureux qu’on vous a fait mourir.

Ô joyeux nids détruits, ô chansons envolées ! Devant ces troncs gisants qui formaient des allées, Je songe à vous, grands bois, qui consolez de tout ; Aux voûtes des chemins avec le ciel au bout, Et, remontant le cours de mes belles années, À ces courses à deux jusqu’à la nuit menées, À ces rires croisant le vol des papillons, Quand le jour peint les fleurs de ses derniers rayons ; À toute la magie adorable et profonde Des verts rameaux penchés sur une tête blonde, À la paix taciturne, aux murmures, aux voix Qui sortent du printemps et qui hantent les bois.