French poem
Foyer de comédiens
by Albert Mérat (1840–1909)
La robe à guimpe avec les manches à gigot ! C’est bien cela. L’on est mise comme un fagot, Gauche, tout engoncée ; on est « la Demoiselle « À marier ». Monsieur Scribe dine chez elle. La mère a des chapeaux d’oiseau de paradis ; Un jour on a de loin vu danser Charles Dix. On porte les cheveux en bandeaux sur la tempe, En coques au sommet. On a l’air d’une estampe De Tony Johannot ou de Devéria. Ma tante était ainsi quand on la maria. On a le sein caché sous la robe montante, Mais la bottine puce est toujours irritante ; D’ailleurs la jupe est courte et le pied est charmant. « Séduisante Zulmé, je l’adore ! » Vraiment Malgré leur frac barbeau, leurs faux mollets, nos pères Auprès de ces beautés goûtaient des jours prospères. — Avec cela, le teint d’une rose de mai... Et je songeais devant ce printemps embaumé Que la grâce adorable et folle de nos modes Ne fait pas nos habits plus beaux ou plus commodes, Et que nous devons tous dans un temps assez court Être sans le savoir Zénaïde ou Valcourt.