French poem
À Élise Moreau
by Amable Tastu (1795–1885)
D’où viens-tu, fleur des champs, à ton sol arrachée, Pourquoi de ce séjour respirer l’air mortel ? Ne vois-tu pas déjà du vent fatal touchée Ta sœur sur la terre couchée ; Holocauste innocent d’un implacable autel ?
Un facile instrument de ton souffle palpite ; Il résonne à ton gré, comme un doux chant d’oiseau ; Crains d’en faire un appui, crois-moi, pauvre petite ! Hélas ! tu sentirais trop vite Se briser sous ta main l’harmonieux roseau.