French poem
I
by Anatole Le Braz (1859–1926)
Pour mettre sa coiffe, un dimanche Sa coiffe de dentelle blanche, La fille à son miroir se penche.
--Comme vous voilà belle ainsi! --D’être belle je n’ai souci;
D’être plaisante et d’être accorte, A quoi me sert et que m’importe? Nul galant ne frappe à ma porte!
--Taisez-vous et ne pleurez point; Les amoureux viendront à point.
--S’ils laissent cette année entière Passer, comme sa devancière, Lors, menez-les au cimetière.
--Vous n’avez pas encor vingt ans; La rose fleurit au printemps!
--Quand vous verrez fleurir la rose, Mettez-la sur ma tombe close. Dites: c’est là qu’Elle repose.
Sur ma tombe mettez des fleurs. Et, dans le bénitier, des pleurs.
Mettez-y fleur rouge et fleur noire, La fleur de deuil et de mémoire Douce aux âmes du Purgatoire;
Puis, vous planterez sur les bords La fleur d’oubli, la fleur des morts.