French poem
À Théophile Gautier
by André Van Hasselt (1806–1874)
Dans votre frais jardin, où croissent tant de roses, Tant de charmantes fleurs, Œillets, jasmins, lilas, verveines et lauroses De toutes les couleurs ;
En quelque plate-bande, en quelque vert parterre, Humble et bien à l’écart, Parfois s’ouvre une fleur sauvage et solitaire Qu’y planta le hasard,
Violette ou pensée ou pâquerette blanche Ou bouton d’or vermeil, Qui ne demande qu’un peu d’ombre à quelque branche, Et qu’un peu de soleil.
Ce jardin, Théophile, est votre poésie, Que, dans toute saison, Les bouquets merveilleux de votre fantaisie Émaillent à foison.
La mienne est cette fleur sauvage et délaissée Que le souffle du nord Jette sur vos gazons pâle et de froid glacée, Mais comme dans un port.