French poem
Espoir en Dieu
by André Van Hasselt (1806–1874)
Mon cœur est pareil au navire En proie aux caprices des mers, Roulant sur le flot qui chavire, Roulant dans les gouffres amers.
Il n’ose compter ses orages, Il n’ose compter ses combats, Et cherche, à travers les naufrages, Un port qu’il ne trouvera pas.
Il cherche cette île charmante Où j’ai tant rêvé de beaux jours. Mais dans la tempête écumante Cette île s’éloigne toujours.
Il cherche une plage sereine Où règnent la paix et l’oubli. Mais l’onde jalouse m’entraîne, Et d’ombre mon ciel est rempli.
Il lutte sans voir une étoile Percer les ténèbres de l’air. Et rien ne fait signe à ma voile. Pas d’autre fanal que l’éclair.
En vain l’horizon vaste et sombre Lui laisse entrevoir vaguement La plaine des ondes sans nombre, La mer, ce désert écumant.
Battu par le flot qui le presse, S’il fait par moments dans la nuit Tonner ses canons de détresse, La foudre en étouffe le bruit.
Sans perdre pourtant le courage Il lutte sans cesse et toujours. Hélas ! car si Dieu fait l’orage, Sa main est aussi le secours.