French poem
Dans un observatoire royal
by André Van Hasselt (1806–1874)
Ici l’on regarde la terre Un peu plus souvent que le ciel. Quand là-haut tout n’est que mystère, Ici-bas est l’essentiel.
Nous laissons la nuit constellée Vaguer dans son désert obscur Et traîner sa robe étoilée Dans ses plaines de sombre azur.
Nous laissons les Ourses du pôle Rugir dans le septentrion, Le Cocher, son fouet à l’épaule, Sourire aux flammes d Orion.
Nous laissons la Lyre idéale User ses cordes dans les cieux, Auprès de l’Hydre boréale Qui tord ses nœuds capricieux.
Ô science, garde tes voiles ; Garde la clé de ton séjour, À moins qu’avec l’or des étoiles Tu ne battes monnaie un jour.
De ton livre aux lettres obscures À quoi bon déchiffrer le sens ? Le ciel n’a point de sinécures Dans ses astres éblouissants.
Dès lors à quoi sert-il qu’on braque Là-haut son télescope ? — Encor Si du Taureau du zodiaque Le bon Dieu faisait un veau d’or !