French poem
La Branche d’églantier
by André Van Hasselt (1806–1874)
Près du lac aux eaux argentines, Je savais, au pied d’un bouleau, Un charmant bouquet d’églantines Qui penchait ses grappes sur l’eau. Toutes, l’une à l’autre enlacées, Souriaient au chaste miroir.
Mais, ô blanches, blanches rosées, Qu’avez-vous, hélas ! tout le soir Fait de votre frais arrosoir ?
L’eau du lac était tout éprise De leur douce et pâle beauté. En passant, tes lèvres, ô brise, Effleuraient leur sein velouté. Et les fleurs dans l’air balancées Du bouleau semblaient l’encensoir. — Mais, ô blanches, blanches rosées, Qu’avez-vous, hélas ! tout le soir Fait de votre frais arrosoir ?
Car voilà mes roses fanées, Et leurs feuilles neigent dans l’eau, Vers leur tombe humide entraînées, Pour mourir au pied du bouleau. Pauvres fleurs si vite passées, Fallait-il ainsi vous revoir ? — Mais, ô blanches, blanches rosées, Qu’avez-vous, hélas ! tout le soir Fait de votre frais arrosoir ?