Versos French André Van Hasselt Le Fourrier de l’hiver

French poem

Le Fourrier de l’hiver

by (1806–1874)

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Silence ! voilà que minuit va sonner. La cloche nocturne on l’entend frissonner Silence ! silence ! silence !

Voilà que Novembre, sa gaule à la main, Voilà que Novembre se met en chemin. Silence ! silence ! silence !

La bise qui siffle gémit sous les cieux. Pourtant comme il va souriant et joyeux ! Silence ! silence ! silence !

Les airs sont remplis de sinistres abois. Pourtant il traverse les champs et les bois. Silence ! silence ! silence !

Enfers, avez-vous déchaîné vos démons ? Pourtant il traverse la plaine et les monts. Silence ! silence ! silence !

Il souffle les feuilles des arbres jaunis, Et chasse, en passant, les oiseaux de leurs nids. Silence ! silence ! silence !

Il brise les fleurs, les dernières. Gazons, Il fauche vos herbes, vos pâles toisons. Silence ! silence ! silence !

La nuit tout entière, sa gaule à la main, Il va dévastant toute chose, et demain… Silence ! silence ! silence !

Demain vous aurez disparu, feuille et fleurs, Gazons émaillés de vos vives couleurs… Silence ! silence ! silence !

Et vous, ô pinsons qui chantiez tout le jour, Demain vos concerts finiront à leur tour. Silence ! silence ! silence !

Hélas ! car Novembre est venu, le fourrier Qui vient à l’hiver préparer son quartier. Silence ! silence ! silence !