French poem
109 (Oui, la douceur est toujours feinte…)
Oui, la douceur est toujours feinte En amour. — Croirais-tu vraiment Que ce brillant contentement Ne masquât pas d’amères plaintes ?
Certes tout mon être bénit Ta vie où j’ai mis l’infini, Mais, corps charmant, ô cœur de roche, Toi que j’aime ! un constant reproche Émane de mes yeux séduits. Quoi ! toujours t’admirer, et puis Toujours, en silence, surprendre Tes défauts, — et, d’un cœur plus tendre, Mêlé de louanges, de pleurs, Te voiler mon humble colère ? Ah ! réclamais-je ces douleurs ? — Et de quel droit viens-tu me plaire ?…