French poem
116 (Un jour où je ne pus…)
Un jour où je ne pus comprendre Ton esprit qui songeait au loin, Je me sentis soudain moins tendre, Et peut-être je t’aimais moins.
Je te voyais petit, l’espace Me reconquérait peu à peu, Je regardais ces calmes cieux Où jamais rien ne m’embarrasse.
Mais alors tu mis sur mon cœur Ton beau visage sans réplique, Et je respirai ton odeur Inconsciente et tyrannique ;
Sans plus d’alarme et de fierté, J’absorbais avec gravité Ton âme innocente et physique, Plus ample pour moi que le ciel ;
— Senteur suave, âpre, vermeille, Tiède aveu confidentiel D’un corps qui songe ou qui sommeille, C’est toi la grâce nonpareille !
— Ainsi sourd le parfum du miel De l’humble maison des abeilles…