French poem
Ah ! les Salauds !
by Aristide Bruant (1851–1925)
I’s sont des tin’, i’s sont des tas, Des fils de race et de rastas, Qui descendent des vieux tableaux, Ah ! les salauds !
I’s sont presque tous décorés, I’s ont des bonn’s ball’s de curés, On leur-z’y voit pus les calots, Ah ! les salauds !
I’s sont presque tous mal bâtis ; I’s ont les abatis trop p’tits Et des bidons comm’ des ballots, Ah ! les salauds !
Rapport que tous ces dégoûtants I’s pass’nt leur vie, i’s pass’nt leur temps À s’empiffrer des bons boulots, Ah ! les salauds !
Le soir i’s vont dans des salons, Pour souffler dans leurs pantalons, Oùsqu’i’s envoy’nt des trémolos, Ah ! les salauds !
Après i’s s’en vont vadrouiller, Picter, pinter, boustifailler Et pomper à tous les goulots, Ah ! les salauds !
Ensuite i’s vont dans les endroits Oùsqu’i’ va les ducs et les rois, Là où qu’y a qu’les volets d’clos, Ah ! les salauds !
Quand on les rapporte, l’matin, I’s sent’nt la vinasse et l’ crottin Qu’i’s ont bu’ dans les caboulots, Ah ! les salauds !
Eh ben ! c’est tous ces cochons-là Qui font des magn’ et du flafla Et c’est nous qu’i’s appell’nt soulauds, Ah ! les salauds !
I’s sont des tin’, i’s sont des tas, Des fils de race et de rastas, Qui descendent des vieux tableaux, Ah ! les salauds !