Versos French Aristide Bruant À Nice

French poem

À Nice

by (1851–1925)

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Bonjour, Justin, comment qu’ça t’va ? Moi, figur’-toi que j’suis à Nice, Où que l’soir ej’ fais un Hova Dans l’entre-sort du grand Narcisse ; Un forain qui fait que c’qui peut Et qui va chiner d’foire en foire Avec sa méness’ qu’est tout’ noire Et qui l’fait cocu tant qu’a veut.

Mais c’est pas pour ça que j’t’écris, C’est pour te dir’ comme j’la r’lève. Vrai, Nice est pus chouett’ que Paris, C’est pas un pays… c’est un rêve ! Non, t’as pas idé’ de c’coin-là : Ya des ros’s et des marguerites Plein les ru’s… et des bell’s petites… Comm’ les fleurs… en veux-tu… n’en v’là !

Aussi faut voir, au Carnaval, Minc’ qui yen a d’la gigolette… Et, tu sais, pas des marque-mal… Non… des p’tit’s femm’s qu’a d’la galette !… … Et d’la chaleur… et pas d’hiver ; Tu pens’s un peu si j’me la coule, Ej’me les chauffe, ej’me les roule, Au soleil, comme un lézard vert.

Enfin, vois-tu, mon vieux Justin, J’en ai soupé des Batignolles. T’es pas près d’me r’voir à Pantin. Non… faudrait que j’soy’ vraiment gnolle Pour plaquer un pays pareil Où qu’j’ai la Méditerranée, Son ciel !… sa plage !… Et tout’ l’année Des fleurs… des fess’s… et du soleil !