French poem
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by Aristide Bruant (1851–1925)
Bravo !… Très chic el’ Président… Les potins, c’est pas son affaire, I’ fait c’qu’il a décidé d’faire, I’ veut êtr’ libre… indépendant. Quant au reste, i’ s’en moqu’ pas mal, On peut tout conter, tout écrire, On peut blaguer… même on peut rire Du Président qui monte à ch’val. Qu’i’ fasse un pas, qu’i’ dise un mot Et les v’là tous après son orgue : « I’ fait l’malin… il a d’la morgue… « Il a d’l’estomac, du culot. « Les femm’s le trouv’nt joli garçon. « I’ chasse… i’ boit… i’ fume… i’ cause. « I’ fait d’l’épate… i’ crâne… i’ pose « Quand i’ réclame un écusson ! » I’ n’peut pas aller prendre un bain. I’ n’peut pas friser sa moustache. I’ n’peut pas d’mander un panache. I’ n’peut pas commander un train. On dit qu’i’ fait son amiral Quand i’ va visiter nos flottes. Et depuis qu’il a mis des bottes On dit qu’i’ fait son général.
Eh ben ! moi j’dis qu’c’est réussi : Il a fait plaisir à la troupe Avec qui qu’i’ boulott’ la soupe. Et faut pas trop l’blaguer, car si On savait c’que ça lui fait mal Et c’que ça lui rabott’ les fesses, On n’rirait pas tant des prouesses Du Président qui monte à ch’val.
Septembre, 1896.