Versos French Aristide Bruant Saison d’eau

French poem

Saison d’eau

by (1851–1925)

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Il pleut. Le Mont-Dore est mouillé… Et le Sancy baigne sa cime Dans l’horizon tout barbouillé. L’eau tombe et jaillit dans l’abîme. Lors chacun se demande, en bas, Quand ça finira. Mais un ponte Dit : « Demain il ne pleuvra pas…

L’baromètr’ remonte. — Oui, siffle un emphysémateux, C’est tous les jours la même chose. — Non, monsieur, répond un quinteux, Car ça va changer, je suppose. — Vous croyez ? demande un perclus. — Certes, oui, monsieur, et je compte Bien que l’eau ne tombera plus…

L’baromètr’ remonte. » Mais l’eau tombait… tombait toujours… Tombait pour retomber encore, Il en retombait tous les jours. Et les bonnes gens du Mont-Dore Disaient : « Demain il fera beau ; Attendez… ce n’est pas un conte, C’est fini… nous n’aurons plus d’eau…

L’baromètr’ remonte. » Or les baigneurs mouillés, douchés, Trempés comme dans la piscine, Puis mal réchauffés, mal séchés, Dans le petit lit qu’on bassine, S’en vont navrés… le corps transi, Et disent en soldant leur compte : « Nous reviendrons l’an prochain si

L’baromètr’ remonte. »

Août, 1896.