Versos French Armand Silvestre À un ami alors inconnu

French poem

À un ami alors inconnu

by (1837–1901)

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Oui quand la nuit ouvrait les cieux au vol des rêves Dont la poussière d’or roule sous ses pieds nus, Et, des voiles d’argent à son front retenus Déroulait les longs plis étoilés sur les grèves,

J’ai senti, se mêlant à l’haleine des sèves, Et, sur l’aile du vent jusqu’à mon cœur venus, Les baisers fraternels des amis inconnus Apportant à mes maux de fugitives trêves.

Oubliant un instant d’aimer pour en souffrir, Sur mes lèvres aussi je les sentais courir Ces baisers que, de loin, l’âme répond à l’âme,

Ô poète, aujourd’hui je retrouve les tiens Et, sans t’avoir connu, de toi je me souviens, Sachant nos cœurs jumeaux faits de la même flamme !