Versos French Auguste Dozon Xxxiii

French poem

Xxxiii

by (1822–1890)

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QUERELLE A PROPOS D'UN MOUCHOIR.

Une querelle éclate entre époux et femme, entre le jeune Omer-Bey et la beyine, au milieu de la nuit, sur leur molle couche. Encore si c'eût été pour quelque chose, peu importerait, mais c'est à propos d'un mouchoir brodé, brodé d'or, lavé à l'eau de rose, tant qu'il embaumait la maison, et la chambre où dormait Omer-Bey; c'étaient ses maîtresses qui le lui avaient donné. Omer à sa femme se justifiait: «Tu sais bien que j'ai une soeur, une chère soeur, la femme de Zekir-Bey, c'est d'elle que je tiens ce mouchoir brodé, brodé d'or, lavé à l'eau de rose.»--

La béyine n'eut pas plus tôt entendu cela, que sautant sur ses pieds légers, elle prit de l'encre et du papier, et écrivit cette lettre à sa belle-soeur: «Ma belle-soeur, femme de Zékir-Bey, longue vie à ton mari, et n'aie point à le regretter! As-tu donné à ton frère un mouchoir brodé, brodé d'or, lavé à l'eau de rose, tant qu'il embaume la maison, et la chambre où dort Omer-Bey?»

La béyine regarde la lettre, la regarde, et verse des pleurs. «Dieu clément, aie pitié de moi! Si je déclare la vérité, je rendrai mon frère odieux à sa femme; et si j'atteste une fausseté, je crains de perdre mon mari, Dieu le fera périr.» Tout elle pèse, puis s'arrête à un parti, (eh bien! qu'il meure!) Elle prend de l'encre et du papier, et écrit à sa belle soeur une lettre: «Ma belle-soeur, femme d'Omer-Bey, longue vie à mon mari, et que je n'aie point à le regretter! J'ai donné à mon frère un mouchoir brodé, brodé d'or, lavé à l'eau de rose, tant qu'il embaume la maison, et la chambre où dort Omer-Bey.»