French poem
« Ma poésie, ainsi qu’un jeune arbuste en fleurs »
by Auguste Lacaussade (1815–1897)
Ma poésie, ainsi qu’un jeune arbuste en fleurs, Se couronne parfois d’éclatantes couleurs. Quand son front, effleuré des ailes de l’aurore, Sent frissonner sa feuille et ses bourgeons éclore ; Quand tout son être ému, touché par le soleil, Sent monter et courir la sève du réveil, Soudain comme un bouton son feuillage se brise En grappes de parfums, et s’ouvre sous la brise ; Et, secouant dans l’air des nuages d’odeurs, Sa tête, où de la nuit tremblent encor les pleurs, Laisse aller au zéphyr, comme une molle ondée, Strophe éclose et senteur, la fleur d’or et l’idée. Et de sa chaude écorce où tout vibre à la fois, Et de sa verte cime aux frémissantes voix, Et de sa feuille humide, et de ses grappes mûres, S’épandent dans les airs d’ineffables murmures ; Et de l’arbre-poète, aux rameaux inspirés, Les fruits disent : « Aimez ! » et les fleurs : « Espérez ! »
More by Auguste Lacaussade
- « Elle a seize ans, son cœur »
- « Ici dorment en Dieu trois enfants, fruits d’amour »
- « La vipère du mal a mordu ta pensée »
- « Le soleil se couchait et sur l’onde immobile »
- « Quand l’insecte a rongé »
- « Si Dieu, comme aux oiseaux, m’avait donné des ailes »
- « Si mon amour était cet arbuste aux fleurs blanches »
- « Tout enfant, je t’aimais, ô Nature ! et songeur »