Versos French de Meun Jean Xxxvi

French poem

Xxxvi

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Comment Virginius plaida Devant Apius, qui jugea Que sa fille ‡ tout bien taillÈe, Fust tost ‡ Claudius baillÈe.

Ne fist bien Apius ‡ pendre, Qui fist ‡ son serjant emprendre

Le Mal, pËre des seigneuries, Dont les franchises sont pÈries. Car sans le Mal ni le PÈchÈ, Dont tout le monde est entachÈ, On n'e˚t jamais vu roi sur terre Ni de justice rÈguliËre. Car les juges premiËrement Se conduisent si malement Qu'ils se devraient juger soi-mÍme, S'ils veulent que chacun les aime,  tre loyaux et diligents, Non pas l‚ches ni nÈgligents, Ni faux, ni rongÈs d'avarice Et faire aux malheureux justice. Mais ils vendent les jugements, Ils renversent les errements, Ils cueillent, rognent et taillent, Et pauvres gens leur argent baillent. Ils ne songent qu'‡ rapiner, Et tel on entend condamner Un larron, qu'on d˚t plutÙt pendre, Si jugement on voulait rendre Des rapines et des torts faits Qu'il a par son pouvoir forfaits.

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