Versos French Édouard Dubus Trottins

French poem

Trottins

by (1864–1895)

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Les fillettes aux yeux polissons, Les trottins s’en vont par les rues Dévisageant les beaux garçons, Et les vieux chauves à verrues.

Dans les plumes ou dans les fleurs, Les modes, la parfumerie, Elles ont même effronterie Et même gamme de pâleurs.

Toujours sur leurs poitrines maigres Se meurt un bouquet de deux sous : Mêmes dessus, mêmes dessous, Parfumés d’étranges vinaigres.

Elles rêvent, à l’atelier, De vouer leur beauté du diable, À la cascade irrémédiable En cabinet particulier.

Dans leur perversité précoce, Elles ont de petits amants Et lisent de mauvais romans Pour se faire à la grande noce.

Sans autre candeur sur le front Qu’un maquillage à la céruse, Singeant l’innocence avec ruse Dans la vie elles rouleront.

Aussi trottinant par les rues, Les trottins aux yeux polissons Dévisageant les beaux garçons, Et les vieux chauves à verrues.