Versos French Étienne Eggis Oh ! si quelqu’un l’aimait !

French poem

Oh ! si quelqu’un l’aimait !

by (1830–1867)

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Oh ! si quelqu’un l’aimait ! — De son âme ulcérée Un baiser éteindrait la voix désespérée Et l’amer souvenir ;

Oh ! si quelqu’un l’aimait ! — Ses lâches défaillances Reviendraient boire aux flots des divines croyances Que rien ne peut ternir ;

Oh ! si quelqu’un l’aimait ! — Comme un vaste incendie Il voudrait que son nom sur la terre agrandie Flambât dans l’avenir ! II Mais qui les aimerait, les rimeurs solitaires, Au regard fixe et triste, aux visages austères, Au front pâle et pensif ;

Une étoile éternelle illumine leur marche, Pendant que les mortels sentent sombrer leur arche Au choc sourd du récif ;

Ils traversent la vie en suivant leur étoile, On les voit passer, seuls, — comme on voit une voile Au travers d’un massif. III Ils n’ont jamais d’amis, car leur regard est triste, Et la femme répond à leur amour d’artiste Par des rires moqueurs ;

Au travers des cités que le lucre lacère Ils s’en vont en cachant sous leurs haillons l’ulcère Qui dévore leurs cœurs ;

Sans avoir éveillé ni l’amour ni la haine Ils meurent inconnus dans les bruits de l’arène, Ni vaincus, ni vainqueurs !