Versos French Franc-Nohain Postes

French poem

Postes

by (1872–1934)

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Trop humbles mes chansons et timide ma lyre, Pour dire Les grands wagons Couleur marron, Où fastueusement s’étale Notre télégraphique, à la fois, et postale Administration ;

Mon ambition est moins haute, Et, c’est tout au plus si je l’ose, Lecteurs, je ne vous parlerai Que du petit compartiment de deuxième classe,

Qu’une plaque, ou une simple bande collée à la glace Orne de cet avis discret, Sans le faire à la pose : POSTES.

Un vieil homme est dans le compartiment, la barbe grise, Une casquette Sur la tête, Et, très fréquemment, des lunettes ; Souvent, usant de libertés Bien permises, en vérité, Surtout l’été, Il est en bras de chemise ;

Et, dans son compartiment de deuxième classe, L’homme classe, classe, classe.

Il paraît que ce n’est pas une sinécure : Que de fois l’ai-je aperçu, le camarade, Boire, pour reprendre des forces, à la régalade ; Mais les besognes dont il s’occupe sont obscures ;

(Et puis vous me direz aussi, Pour moi, du moins, c’est ma pensée, S’il ne ferait pas bien mieux tout ça chez lui, Tranquillement, à tête reposée ?)

À chaque station, sur le quai, Quelqu’un l’attend avec des sacs et des paquets : L’homme aux sacs serait-il un marchand de chiffons ? Mais non : Saluons son muscle crural. C’est le vaillant facteur rural !

Le facteur et le postier Échangent un bonjour rapide et familier, Et des impressions intimes ; Puis, avant de se séparer :

— Dans mon sac, aujourd’hui, pas de lettre anonyme ; De l’argent que Monsieur Benoît Envoie (Quarante-huit francs) à sa tante ;

Enfin, cela ne peut durer, L’institutrice écrit encore à son curé Dites au député que je lui parlerai, —

Cette fille est dégoûtante. —