French poem
Quelques Sauces
by Franc-Nohain (1872–1934)
Et voici que, des casseroles, Montaient des cris joyeux de sonores paroles, C’était, C’était les sauces qui chantaient:
--Oui, c’est une habitude qu’elles ont prise, M’expliqua mon guide, depuis quelque temps; Les chansons, ont-elles pensé, bercent, charment, grisent: Des pauvres victuailles qui cuisent, Les sauces, bonnes filles, en chantant, Cherchent à adoucir les suprêmes instants;
Les sauces ont une âme exquise;
Écoutez, écoutez ces rondes, ces romances, Et les vieux lieds de leur pays: Ainsi Viandes, légumes, poissons, sont cuits, Et puis mangés, sans qu’ils y pensent:
N’est-ce pas là de la meilleure philanthropie?--