Versos French Frédéric Mistral L

French poem

L

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Oh! l'attraction du liquide élément, quand jaillit dans les veines le sang neuf! de l'eau qui rit et gazouille enjouée parmi les galets, avec les ablettes qui en sautant prennent les demoiselles et les moustiques des touffes d'herbe verte! de l'eau jolie et cruelle et perfide, qui charme et qui fascine l'innocence en lui faisant reluire les frissons de son miroir!--«Petits,» à la veillée, parlait ainsi, de fois à autre, la mère à ses enfants, à l'Anglore, «petits! vers les bleus de l'eau calme ou les abîmes qui tourbillonnent noirs, de vous guéer jamais gardez-vous bien! Je l'ai toujours entendu dire: sous le Rhône (aïe! beaux mignons, si vous y perdiez pied!), en des profondeurs qui sont inconnues, fréquente, depuis que le monde est monde, un farfadet nommé le Drac. Superbe et svelte ainsi qu'une lamproie, il se tortille dans l'entonnoir des tourbillons où, blanc, il vous transperce de ses deux yeux glauques. Ses cheveux longs, verdâtres, floches comme de l'algue, lui flottent sur la tête au mouvement de l'onde. Il a les doigts, dit-on, et les orteils palmés, comme un flamant de la Camargue, et deux nageoires derrière le dos, transparentes comme deux dentelles bleues. Les yeux à moitié clos, nu comme un ver, il en est qui l'ont vu, au fond d'un gouffre, nonchalamment couché au soleil sur le sable, humant comme un lézard la réverbération, avec la tête renversée sur le coude. Errant sous l'eau avec la lune, d'autres l'ont entrevu, dans les flaques tranquilles, qui à la dérobée tirait les fleurs d'iris ou de nénuphar. Mais, puis le plus fort, enfants, écoutez...