French poem
150 (Aussi bien, puisqu’ici je remonte au…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Aussi bien, puisqu’ici je remonte au déluge Et cherche à m’expliquer notre commencement, Ma chère, si tu peux, réponds sincèrement À cette question nette : pourquoi te plus-je ?
Oui, là, sans biaiser, réfléchis, pèse, juge, Et dis si dans les bras de ce nouvel amant Tu ne poursuivais pas ton propre embrassement ? Dis si je n’étais pas pour toi qu’un subterfuge ?
Qu’est-ce que tu me dois ? Ou faut-il te payer ? Suis-je ton débiteur, ou bien ton créancier ? Es-tu ma créancière, ou bien ma débitrice ?
Nous sommes quittes, va ! J’étais ivre de moi, En pensant l’être de toi-même ; et, spectatrice De mon enivrement, tu l’enivrais de toi !
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