French poem
152 (Oui, je te hais ; oui…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Oui, je te hais ; oui, je te hais, comme le prêtre, Quand il l’a renié, hait son dieu tout-puissant ; Oui, je te hais ; oui, je te hais, de tout le sang Qui circule et bouillonne au fond de mon pauvre être ;
Oui, je te hais ; oui, je te hais, comme le traître Hait la cause qu’il a livrée en blêmissant ; Oui, je te hais ; oui, je te hais, me nourrissant De ma haine que rien ne fera disparaître.
Et cette haine, sache-le, je l’entretiens De mes torts deux fois plus, cent fois plus, que des tiens Le mai que je t’ai fait sans cesse m’y ramène.
Et, toi, sachant qu’elle m’anime nuit et jour. Tu devrais à bon droit jouir de celle haine, Puisqu’enfin cette haine est encor de l’amour !
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