French poem
155 (J’ai choisi le sonnet entre tous…)
by Georges Docquois (1863–1927)
J’ai choisi le sonnet entre tous ; car il n’est Rien de plus propre au lancer d’une javeline ; Car c’est une arme et non pas une mandoline. Mais je n’ai pas choisi n’importe quel sonnet.
Non. Le poète épris de son art n’en connaît Qu’un seul : c’est le sonnet de stricte discipline, Immuable en son tour ! Vers lui tout seul j’incline ; Il est le seul à qui je tire mon bonnet.
Et tout autre me vexe et me décontenance. Lui seul me plaît par sa régulière ordonnance Et par les beaux effets de sa difficulté.
L’on me voit à sa loi rigoureuse docile. Qu’on le sache, au surplus : je n’ai jamais été Séduit par un effort qui ne fut difficile.