French poem
156 (Selon la volonté qui me conduit…)
by Georges Docquois (1863–1927)
Selon la volonté qui me conduit — la mienne — Et selon son caprice, aussi, le plus souvent, Il m’est plaisant, surtout, d’aller contre le vent : J’aime ce qu’on ne peut obtenir qu’avec peine.
Et ce net exposé de principes m’amène, Tandis que sur nous deux, chère, je vais rêvant, Oui, m’amène à penser — penser bien décevant — Que tu me fus, peut-être, un peu trop vite humaine.
Tu fus trop tôt devant ma ruse en désarroi : Et je n’avais pas mis le siège devant toi Que j’entrais (puis-je ainsi m’exprimer ?) dans la place !
Je suis comme ces chefs que l’on voit mécontents Lorsque leur adversaire avant l’heure se lasse ; — je veux que le mien me résiste longtemps.