French poem
Ballade pour faire connaître mes occupations ordinaires
On voit des gens être épiciers, Avocats ou marchands de laine Et l’on en voit qui sont huissiers Ou bedeaux à la Magdeleine, Aucuns font de la porcelaine, Du cirage ou des feuilletons, D’autres vont pêcher la baleine : Moi j’attrape les hannetons !
Quelques-uns, des écrivassiers, — Doux toqués ! (la morgue en est pleine !) Cherchent, la nuit, dans leurs puciers Les rimes d’une cantilène : « Pauvres gens ! » comme dit Verlaine C’est bien votre air que nous chantons ! va te brûler, belle phalène ! Moi j’attrape les hannetons !
En vain des philistins grossiers Me rabâchent à perdre haleine : « Il faut bien que vous embrassiez Une Carrière ! » lon, lon, laine ! Messieurs, soyez préfet de l’Aisne, Mettez aux pois les cannetons Ou comprimez l’acétylène ! Moi j’attrape les hannetons !
Envoi
Prince, la gente et la vilaine, Toutes sont mêmes Jannetons : Que Paris garde son Hélène ! Moi j’attrape les hannetons !