French poem
Le doigt de Dieu
… Marie la Magdelaine Folle vie mena et orde la dame de miséricorde la rappelle puis vint arrière et fu a Dieu bonne et entière. Il avait violé sa sœur, coupé sa mère en tout petits morceaux : jugeant la vie amère et se voulant donner quelque distraction il servit à son père une décoction vénéneuse, du foie et des reins ennemie (car il avait beaucoup potassé la chimie) : cette mixture fit mourir le doux vieillard. Il était mal poli, journaliste, paillard trichait au jeu, faisait des vers, fumait la pipe dans la rue et, le soir, il se gavait de tripe à la mode de Caen parmi des croque-morts D’ailleurs il n’éprouvait pas l’ombre d’un remords et vivait très correct et très digne et coulait de bien beaux jours (comme fait M. Paul Déroulède). Mais Dieu possède un DOIGT et l’immoralité ne saurait échapper à la fatalité… ................ ................ Un matin, comme il avait fait la grande fête un pot de réséda lui tomba sur la tête, et le Seigneur l’admit au Paradis profond car il était plus vif que méchant dans le fond !…