Versos French Georges Fourest Le nain et le cochon sous le crâne du poète

French poem

Le nain et le cochon sous le crâne du poète

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Cet homme était hagard, cet homme était hispide, cet homme était poète et cet homme était saoul. Il était ostrogoth, ou peut-être gépide et me tint en bavant les propos ci-dessous. Un nain s’est logé sous mon crâne chauve avec son petit cochon mauve : ces deux avortons de Lilliput gîtent sous mon sinciput ; ils vivent là tous les deux tératologiques et hideux. Oh ! qui me délivrera d’eux ? Le cochon fouille ma cervelle grognant, grattant de son gros groin, pour déterrer comme des truffes mes concepts métaphysiques les déterrer comme des truffes ! Et le méchant nain s’en régale en dépit de Spurzheim et de Gall, il faut voir comme il s’en régale ! Souriant, l’air amène, se frottant l’abdomen il a bouffé mes notions sur le noumène et mes concepts sur le libre arbitre dont j’étais fier à si juste titre ! Puis il monte sur son cochon et pique de falots galops à califourchon sur son cochon. C’est une marche triomphale, une ruée, une rafale à travers tout mon encéphale. Le pourceau fait des sauts, le cochon fait des bonds, mes circonvolutions sont en révolution ! La vitesse les grise ! Ils piétinent ma substance grise et mes méninges ! Ma pauvre pie- mère, ils en ont fait de la charpie et c’est bien pis pour l’arachnoïde et la dure-mère : elles ne sont plus que souvenir et chimère ! Fils de nain et fils de truie ils ont détruit ma glande pituitaire au delà du pont de Varole. Oh ! je vous en donne ma parole, j’aimerais mieux le ver solitaire, ça ne lèse que l’intestin, au moins, le ver solitaire ! Horrible, horrible destin ! mes concepts sont le festin d’un cochon et d’un nain très peu bénins !… Et maintenant je n’ai plus d’idées ! Ils me les ont toutes mangées ! Ah ! puisque je n’ai plus d’idées Seigneur, envoyez-moi la rime Seigneur, ô par pitié la rime pour remplacer les idées ! Et puis nettoyez mon pauvre cerveau, mon docte cerveau plein d’in-octavo reliés en veau ! Ayant dit tout cela cet homme s’en alla !