French poem
Pessimiste Et Objurgatoire
Itaque multi extitere qui non nasci optimum senserent aut quam citissime aboleri.
PLINE L’ANCIEN.
Père, qui m’engendras du tarse au métacarpe malgré Schopenhauer et la loi de Malthus; toi, mon appartement lorsque j’étais fœtus, ma Mère;--et toi, Parrain, dénommé Polycarpe;
Maître qui m’enseignas, ô merci, que la carpe est un cyprinoïde et qu’en latin hortus traduit le mot jardin; Flamande sans astuce,[D] nourrice au lait crémeux, simple enfant de la Scarpe; prêtre, qui m’aspergeas de l’eau du baptistère et par qui je connus (sublime et doux mystère!) vers l’âge de douze ans, la saveur du Sauveur,
hélas! ne pouviez-vous, me prenant par l’échine, quand je bavais, môme gluant, déjà rêveur, m’offrir à des cochons, comme l’on fait en Chine?
Africain et gastronomique ou (plus simplement) repas de famille
Prenez et mangez: ceci est mon corps.
Au bord du Loudjiji qu’embaument les arômes des toumbos, le bon roi Makoko[E] s’est assis. Un m’gannga tatoua de zigzags polychromes sa peau d’un noir vineux tirant sur le cassis.
Il fait nuit: les m’pafous ont des senteurs plus frêles; sourd, un marimeba vibre en des temps égaux; des alligators d’or grouillent parmi les prêles, un vent léger courbe la tête des sorghos; et le mont Koungoua rond comme une bedaine, sous la Lune aux reflets pâles de molybdène, se mire dans le fleuve au bleuâtre circuit.
Makoko reste aveugle à tout ce qui l’entoure: avec conviction ce potentat savoure un bras de son grand-père et le juge trop cuit.