French poem
La Terre
by Gustave Le Vavasseur (1819–1896)
Laboureur, n’est-ce pas qu’elle est belle, la terre, Qu’elle est plaisante à l’œil, qu’elle est douce à la main Et qu’après un orage il monte de son sein Une odeur enivrante, ardente et salutaire ?
Si tu souris au blé que ta charrue enterre, Ce n’est pas seulement pour le souci du pain ; Tu trouves ton plaisir à voir germer le grain, Par admiration pour le fécond mystère.
L’argile est un habit que nous revêtirons ; Nous sortons de la terre et nous y rentrerons, Mais nul n’a moins que toi frayeur du cimetière ;
Car tu sais que la Vie est fille de la Mort Et tu surprends parfois, sous la glèbe qui dort, Le principe divin, veillant dans la matière.