French poem
La Tour Eiffel
by Gustave Le Vavasseur (1819–1896)
Sous le regard charmeur d’un maître audacieux, La fonte obéissante, à la fonte agrafée, Comme la pierre, au temps d’Amphion et d’Orphée, Va-t-elle d’elle-même escalader les cieux ?
Est-ce un hochet géant d’enfant capricieux ? Une tour de Babel ridicule ? un trophée ? Du chant de la Science est-ce le coryphée Qui nous montre le ciel d’un doigt silencieux ?
Qui sait ? Quand l’ouvrier, exaltant la matière, Croit blasphémer peut-être, elle fait sa prière Et, s’éloignant de l’homme, elle approche de Dieu.
Mais quelqu’un chante encore au-dessus : l’alouette, Quelque chose au-dessus de l’oiseau, le ciel bleu, Et, plus haut, par delà le ciel bleu, le poète.