French poem
La Moisson
by Gustave Le Vavasseur (1819–1896)
Il fait grand chaud. Je rêve, assis sur un tapis De mousse au pied d’un hêtre ; en clignant la paupière Je vois trois champs dorés inondés de lumière, J’entends l’ardente faulx crier dans les épis.
Puis loin, des moissonneurs sont à l’ombre assoupis À l’horizon chemine une charrette altière Que traînent des chevaux secouant leur crinière Et qui tirent si fort qu’ils semblent accroupis.
Que de gêne et d’efforts ! Que de sueur versée ! Pas un nuage errant dans le firmament bleu ; Le soleil est de plomb et la terre est de feu.
Mais qu’importe ? il fait beau, la besogne est pressée Et le maître joyeux qui couve son trésor Compte d’un œil jaloux les lourdes gerbes d’or.