French poem
Les Modistes hospitalières
by Hégésippe Moreau (1810–1838)
Un pauvre diable de héros, Laissé pour mort la veille, Dans un bon lit frais et dispos Tout à coup se réveille. Il admire, en se récriant, Des nymphes au minois riant, Friand : Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah ! Quel joli couvent c’était là, La la !
Paix donc ! murmure avec douceur Quelqu’un près de sa couche ; Et puis la bouche d’une sœur Vient lui fermer la bouche. De ce rappel au règlement Le mode lui sembla vraiment Charmant : Oh ! oh ! etc.
À son lit point de noir abbé, Point de docteur profane. Dans les mains d’une sainte Hébé, En guise de tisane, Le convalescent défailli Voit mousser d’un œil ébahi L’aï : Oh ! oh ! etc.
Miracle ! le voilà guéri ! Et deux nonnes gentilles Offrent au jeune homme attendri Leurs bras nus pour béquilles. Sur ce bâton, sans se blesser, On le voit parfois se laisser Glisser. Oh ! oh ! etc.
Le chroniqueur, un peu succinct, Ne dit pas et j’ignore Quel est dans ce cloître le saint Que la recluse adore ; Mais les bons cœurs le béniront Mais les chrétiens qui me liront Diront : Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah ! Quel joli couvent c’était là, La la !