French poem
À Monsieur Esprit
by Isaac de Benserade (1613–1691)
Esprit, qui de si loin ramenez la santé. Qui guérissez les maux par une simple œillade, Et qui rectifiez avecque sûreté Cet art qui sçait si bien faire un mort d’un malade,
Vous avez guéri Ludre, et je me persuade Que vous en concevez une noble fierté ; Déjà son teint revient, déjà tout paroît fade Auprés de cette jeune et charmante beauté.
De quelle conséquence est une telle cure ! Il n’est point d’accident que je ne me figure Au-dessous du malheur dont vous la préservez.
Hélas ! sa guérison n’est guère moins funeste, Et, pour une personne icy que vous sauvez, Peut-être coupez-vous la gorge à tout le reste.