French poem
Autre à Iris
by Isaac de Benserade (1613–1691)
Je garde auprès de vous un silence ennuïeux ; Vous me voyez languir sombre et mélancolique, Inhumaine, du moins laissez parler mes yeux, Si vous ne voulez pas que ma bouche s’explique.
Je vous trouvai trop-belle, et je quittai ces lieux Afin de me soustraire au charme qui me pique ; Hélas ! pour mon repos je vous trouve encor mieux ; Ma blessure se rouvre, et ma flâme est publique.
En vain je dissimule, et déjà de ce feu, Quelque couvert qu’il soit, la clarté brille un peu ; Mais sur vôtre pitié tout mon espoir se fonde.
Iris, je m’abandonne entièrement à vous, Mon cœur est dans les mains les plus belles du monde. Je voy dans vos regards par delà leur courroux.